EDITORIAL

 

Le théâtre répond à l’actualité

par son coté inactuel prophétique.

 

Le théâtre parle du présent de deux manières, qui sont différentes du journalisme. La première, c’est dans une sorte de prophétie. C'est-à-dire qu’en étant inactuel, il se met à parler du présent. Et en parlant du présent, il dépasse le concept d’actualité.

Olivier Py

 

Ainsi et depuis toujours, les ATP de Poitiers proposent des saisons de théâtre qui parlent de l’Homme et racontent le monde.

 

La saison prochaine se donnera sous le thème de la manipulation. Le procédé est ancien mais toujours actuel si ce n’est renouvelé. La part belle sera faite aux grandes œuvres (H. de Balzac, P. Corneille, Molière et A. Strindberg). L’écriture contemporaine ne sera pas oubliée (J. Timmerman).

 

Le Faiseur est une pièce écrite par un Balzac visionnaire. Elle est puissante, culottée, drôle, pleine de suspens et de mots d’esprit. Robin Renucci nous y entraîne dans le monde « des aventuriers de l’argent, des spéculateurs à l’état pur, des hommes qui, de rien, peuvent tirer tout». (R Barthes)

Nous aurons plaisir à retrouver Corneille dont les ATP ont présenté plusieurs pièces mises en scène par Brigitte Jaques-Wajeman. Son Polyeucte est assurément une œuvre d’une «grande actualité».

Julie Timmerman nous intéressera à Edouard Bernays, neveu de Freud. C’est «le démocrate» de sa pièce. Il a été le premier à faire de la «fabrication du consentement» une science. Son leitmotiv est «Créer du besoin, du désir et créer du dégoût pour tout ce qui est vieux et démodé».

Claire Guyot installe Le Misanthrope de Molière dans notre siècle et ses cabinets ministériels. La comédie souligne les armes et gesticulations des «courtisans» autour des hommes de pouvoir.

Les Créanciers tragi-comédie de Strindberg est mise en scène par Frédéric Fage. Un conflit conjugal, a priori banal, est activé dangereusement par le venin de la manipulation.

 

Amis des ATP, je souhaite que ces spectacles vous procurent de belles joies que je vous invite à partager cette saison encore.

 

Josette Marteau-Château