EDITORIAL

 

Il n’est pas de théâtre sans langage et sans style, ni d’œuvre dramatique valable qui, à l’exemple de notre théâtre classique et des tragiques grecs, ne mette en jeu le destin de l’humain tout entier dans ce qu’il a de simple et grand.

Albert Camus

 

L’homme est-il maître de son destin ? N’est-il que le jouet de ses passions ou la victime de ses renoncements et de ses illusions ? Ce sont les questions qui traverseront avec tendresse, humour, ou ironie la saison prochaine.

Bérénice de Jean Racine ouvrira la saison. L’amour et l’être aimé sont mis à mal par une hypocrite raison d’État. « Avec les classiques on a jamais affaire à des banalités, mais toujours à de grands problèmes humains. Qu’est-ce que l’amour, qu’est-ce que le bonheur, quel est le sens de la vie ? » (Michaël Thalheimer).

Nathan le sage. En imaginant dans cette comédie pleine de rebondissements, la rencontre « d'un musulman apôtre de la tolérance, d'un juif sympathique, et d'un chrétien assailli par le doute », Lessing, en 1779, bouscule les représentations de son temps et du nôtre peut-être.

Le Révizor. La comédie savoureuse de Gogol met en scène les notables d’une petite ville. L’arrivée du Révizor crée la panique, et révèle très vite toute l’immoralité de ces gens de (petit) pouvoir.

Nous avons choisi de poursuivre avec Robin Renucci son investigation des relations entre le travail et la création de valeur. L’Avaleur est une comédie féroce sur un sujet d’une grande et maintenant banale actualité : le dépeçage d’une entreprise florissante par un rapace de la finance.

Quitter la Terre. Faudra-t-il quitter la terre pour la sauver ? Joël Maillard a écrit et mis en scène une comédie sarcastique et poétique entre une étrange futurologie et l’auscultation de notre monde réel.

 

Josette Marteau-Château