EDITORIAL

 

Il n’est pas de théâtre sans langage et sans style, ni d’œuvre dramatique valable qui, à l’exemple de notre théâtre classique et des tragiques grecs, ne mette en jeu le destin de l’humain tout entier dans ce qu’il a de simple et grand.

Albert Camus

Le théâtre est un art vivant non seulement parce qu’il est joué devant nous, parfois au milieu de nous, en tous les cas pour nous, par des comédiens bien réels ; mais aussi parce que comme tout être vivant il évolue, il se transforme, il s’adapte, il est de son époque. Il appelle chez nous spectateurs de l’attente et de la curiosité.

 

Notre association aime depuis toujours solliciter la curiosité. Elle le fait en présentant des textes connus dans des mises en scène qui en font surgir la contemporanéité, l’actualité des propos ; ou en présentant des textes inconnus ou bien peu connus qui ont stimulé l’imaginaire des metteurs en scène, qui ont touché le nôtre ainsi que nos émotions et qui pensons-nous, pourront toucher les vôtres.

 

Cette saison aborde les émois de la jeunesse. (Musset, les textes du spectacle de Robin Renucci, Hamlet...), le ton en est le plus souvent poétique léger et drôle (R. Renucci, Pourvu qu’il pleuve) ou franchement drôle (Musset) mais aussi tragique et baroque (Hamlet).

 

Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. Drôle, cruelle, audacieuse cette « comédie -proverbe » écrite en 1848 est un joyau. La langue est un enchantement. Nous avons l’impression de découvrir un texte écrit aujourd’hui.

 

L’enfance à l’œuvre. Des mots essentiels que Robin Renucci puise dans les textes de Romain Gary, Marcel Proust, Arthur Rimbaud et Paul Valéry. Des textes dont le fil conducteur est l’enfance, la créativité, l’épanouissement, le langage, l’écriture, la parole, la transmission du savoir. Des textes et des morceaux de musique choisis pour « mettre les gens en éveil ».

 

Pourvu qu’il pleuve. Une pièce qui parle avec humour et tendresse des hommes et des femmes d’aujourd’hui, de nos différences, de nos craintes, et de tout ce qui nous rend humain.

 

Le Double. Cinquante ans avant Freud, Dostoïevski écrit en 1846 ce texte qui traite de la part de folie qui sommeille en chacun de nous. C’est une comédie poétique, drôle et troublante, entre le rêve et la réalité, entre le fantastique et la folie.

 

Hamlet. Pièce des pièces et classique des classiques, "Hamlet" nous renvoie en plein visage notre héritage, le poids écrasant des anciens et le cynisme de l’époque. Entre tradition et expérimentation, répertoire et variations libres, les Dramaticules font entendre, dans un foisonnement vertigineux, la voix d'une génération perdue.

 

Á très bientôt au Théâtre !

Josette Marteau-Château